La Houssaye : une histoire malouine qui ne date pas d’hier
Permis d'aménager autorisé par la Ville : Place à l'action !
Il y a cinquante ans déjà, on parlait d’urbaniser La Houssaye. Vingt-cinq ans plus tard, un premier dossier de ZAC voyait le jour. Et pourtant, en 2026, les terres sont toujours cultivées.
Ce simple fait raconte quelque chose :
Saint-Malo a su, jusqu’ici, se développer sans effacer totalement cette respiration entre Paramé et la Fontaine aux Pèlerins. Depuis trois ans, Rothéneuf Environnement s’est engagée dans ce dossier. Non par principe d’opposition, mais parce qu’un choix majeur se joue ici :
continuer à étendre la ville… ou apprendre à mieux la transformer.
Un besoin de logements qui ne convainc pas !
Le projet de ZAC repose sur une hypothèse : produire environ 500 logements par an. Mais lorsque l’on regarde les chiffres disponibles, le récit change :
Les dynamiques démographiques sont plus modérées. Le SCoT du Pays de Saint-Malo, approuvé en décembre 2025, fixe un cadre moins expansionniste. Près de 2 000 logements sont déjà autorisés, en chantier ou disponibles sans ouvrir un seul hectare supplémentaire.
Alors une question simple s’impose : où est l’urgence ?
Artificialiser plus de 10 hectares agricoles pour répondre à un besoin contesté, est-ce vraiment le seul chemin possible ?
Une terre agricole, pas une friche
La Houssaye n’est pas un terrain vague. C’est une terre cultivée, productive, insérée dans un paysage encore lisible. Elle forme une coupure verte entre les quartiers urbanisés. Elle permet encore de percevoir la limite entre ville et campagne.
La loi Littoral, le Code de l’urbanisme, les lois « Climat et Résilience » et Zéro Artificialisation Nette (ZAN) rappellent toutes une même exigence : sobriété foncière, protection des espaces agricoles, priorité au renouvellement urbain.
Dans ses réponses à l’enquête publique, la Ville renvoie aux justifications du PLU 2025, lequel fait aujourd’hui l’objet d’un recours contentieux engagé par notre association.
Le paysage comme mémoire
Le vallon de Bonne Rencontre, la ligne de crête, les vues ouvertes vers le grand paysage…Ces éléments ne figurent pas seulement sur un plan. Ils participent à l’identité malouine.
Le projet prévoit des constructions en R+2 ou R+3, une urbanisation qui modifierait durablement la silhouette du site.
Entre les intentions affichées du PADD (préserver les lisières, valoriser le paysage) et la traduction opérationnelle, l’écart interroge
Un point technique… mais essentiel
Derrière les mots techniques se cache un enjeu concret : la gestion des eaux pluviales.
Depuis plus de deux ans, nous signalons l’absence d’un Schéma Directeur d’Assainissement des Eaux Pluviales adopté selon les procédures requises.
Peut-on raisonnablement engager une extension urbaine de 10 hectares sans ce cadre réglementaire stabilisé ? La question reste entière
Refuser ne signifie pas bloquer
Rothéneuf Environnement ne s’oppose pas à toute évolution. Nous proposons :
de maintenir une véritable coupure d’urbanisation,
de préserver une activité agricole sur le site,
d’envisager une voie de desserte apaisée marquant une limite claire,
de concentrer l’effort sur la transformation de la ville existante.
Notre engagement n’est pas idéologique. Il est fondé sur des chiffres, des textes juridiques, des analyses détaillées.
Trois ans plus tard
Contributions, expertises, analyses juridiques, échanges publics…Le travail mené depuis 2023 n’a jamais varié dans sa ligne directrice :
défendre un développement mesuré, cohérent, respectueux des terres agricoles et du paysage.
La Houssaye n’est pas une réserve foncière.
C’est une limite. Et certaines limites méritent d’être respectées.
Rothéneuf Environnement continuera, avec détermination et responsabilité, à défendre ce qui fait encore la respiration de Saint-Malo.
